Décryptage scientifique
Cancer colorectal : comment fonctionne le dépistage et quels sont les nouveaux traitements ?
Le cancer colorectal touche le côlon ou le rectum.
C'est le troisième cancer le plus fréquent en France.
Il représente environ 47 000 nouveaux cas chaque année. Pourtant, c'est l'un des cancers les mieux traitables quand il est détecté tôt.
Comment ce cancer se développe-t-il ?
Tout commence souvent par de petites excroissances bénignes appelées polypes. Elles se forment sur la paroi intérieure du côlon ou du rectum. La plupart n’évoluent jamais vers un cancer. Mais certaines, si elles ne sont pas retirées, peuvent se transformer en tumeur maligne en plusieurs années.
C’est pourquoi le dépistage précoce est si important. Il permet de repérer et d’enlever ces polypes avant qu’ils ne deviennent dangereux.
Le dépistage : simple, gratuit, efficace
En France, toutes les personnes entre 50 et 74 ans reçoivent une invitation à réaliser un test de dépistage tous les deux ans. Ce test immunologique se fait à domicile en quelques minutes. Il recherche des traces de sang invisible dans les selles. Si le test est positif, une coloscopie est alors recommandée pour examiner la paroi intérieure du côlon.
Quand le cancer est détecté à un stade précoce, le taux de survie à 5 ans dépasse 90 %. À un stade avancé, ce taux tombe à moins de 20 %. Ce chiffre illustre à lui seul l’importance de ne pas remettre le test à plus tard.
Quels traitements aujourd'hui ?
La chirurgie est souvent le premier recours. Elle consiste à retirer la partie du côlon ou du rectum touchée par la tumeur.
La chimiothérapie est utilisée pour détruire les cellules cancéreuses restantes ou freiner leur progression. Les protocoles les plus courants associent plusieurs médicaments comme le FOLFOX ou le FOLFIRI.
Les thérapies ciblées agissent sur des protéines spécifiques à la surface des cellules tumorales. Certaines mutations génétiques comme RAS ou BRAF guident le choix du traitement.
L’immunothérapie donne des résultats très encourageants pour les tumeurs présentant une instabilité microsatellitaire élevée (MSI-H). Ces tumeurs répondent bien aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, avec des taux de réponse atteignant 58 % dans certains cas.
Et demain ?
La recherche explore des combinaisons entre immunothérapie et chimiothérapie, ainsi que des vaccins thérapeutiques personnalisés.
La médecine personnalisée progresse : chaque tumeur est analysée génétiquement pour choisir le traitement le plus adapté.
