Décryptage scientifique
Cancer du sein HER2-faible

une nouvelle catégorie qui ouvre de nouvelles options de traitement
Pendant des années, les cancers du sein ont été classés selon une règle simple : soit la tumeur surexprime fortement la protéine HER2 (HER2-positif), soit elle ne l'exprime pas (HER2-négatif).
Ce schéma binaire vient d'être profondément modifié par une découverte majeure.
Une nouvelle catégorie identifiée
Les chercheurs ont identifié une troisième réalité : le cancer du sein HER2-faible (HER2-low en anglais). Ces tumeurs expriment la protéine HER2, mais en quantité modérée. Elles ne remplissaient pas les critères pour être traitées par les thérapies anti-HER2 classiques. Pourtant, elles ne sont pas non plus vraiment “HER2-négatives”.
Ce qui change tout : cette protéine présente en faible quantité peut désormais servir de cible thérapeutique. Et les résultats sont très encourageants.
Combien de patientes sont concernées ?
Environ 60 % des cancers du sein classés HER2-négatifs sont en réalité HER2-faibles [1]. C’est considérable. Des dizaines de milliers de patientes en France pourraient bénéficier de cette reclassification.
Un traitement dédié : l'Enhertu
L’Enhertu (trastuzumab déruxtécan, T-DXd) est un anticorps conjugué. Il combine un anticorps qui cible précisément la protéine HER2, même en faible quantité, avec une chimiothérapie puissante. Le principe : l’anticorps se fixe sur la cellule cancéreuse, puis libère la chimiothérapie directement à l’intérieur. Les cellules saines sont largement épargnées.
Dans l’essai clinique de phase III DESTINY-Breast06, l’Enhertu a réduit de 36 % le risque de progression de la maladie ou de décès par rapport à la chimiothérapie standard chez les patientes HER2-faibles [1]. Une survie médiane de 3 ans a été observée, contre 2 ans dans le groupe traité par chimiothérapie classique. Par ailleurs, 70 % des patientes traitées n’avaient pas vu leur cancer évoluer deux ans après le début du traitement, contre 50 % dans le groupe comparateur [2].
Ce que cela change pour les patientes
Ces résultats ont conduit à une autorisation d’accès précoce en France. La Haute Autorité de Santé a ouvert cet accès pour les patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-faible métastatique ayant déjà reçu au moins une ligne de traitement [3].
Pour les patientes concernées, c’est une option thérapeutique nouvelle là où les alternatives étaient limitées. Pour la médecine, c’est la confirmation que la classification des cancers du sein doit évoluer. La pathologie ne se limite plus à positif ou négatif. Elle est plus fine, plus nuancée, plus personnalisée.
👉 Sources :
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Sources :
[1] Newswire Canada / Essai DESTINY-Breast06 : Approbation d’ENHERTU® au Canada comme le premier et le seul traitement ciblant HER2 pour le cancer du sein métastatique RH positif à faible ou à ultrafaible expression de HER2, lors de la progression de la maladie après au moins une endocrinothérapie
[2] ELSAN / Congrès ASCO 2025 : Les résultats dans le cancer du sein HER2 métastatique à l’Asco
3] Haute Autorité de Santé : ENHERTU (trastuzumab déruxtécan) – Cancer du sein HER2- faible : DÉCISION D’ACCÈS PRÉCOCE
