Le saviez-vous ?

Aspirine et Cancer colorectal

Une étude scientifique révèle qu'une dose quotidienne d'aspirine (160 mg) pourrait diviser par deux le risque de récidive chez les patients porteurs de la mutation génétique PIK3CA, présente dans 15 à 20% des cancers colorectaux [1].

Important :
Ne prenez jamais d'aspirine sans prescription médicale.
Parlez-en à votre oncologue.​

Comment ça marche ?

L’aspirine inhibe l’enzyme COX-2 suractivée par cette mutation, coupant le “carburant” qui permet aux cellules cancéreuses de se développer à nouveau.

Les résultats chiffrés :

Taux de récidive à 5 ans de 22% sous aspirine, contre 46% sans traitement [1]. En identifiant la mutation PIK3CA par analyse génétique, les médecins pourraient proposer l’aspirine comme traitement préventif simple et accessible.

7,7 % contre 14,1 % de récidives à trois ans :
les chiffres de l'essai ALASCCA

Après l’ablation d’un cancer colorectal, le risque de récidive reste une préoccupation majeure : il touche entre 20 et 40 % des patients selon le stade. L’essai ALASCCA, publié dans le New England Journal of Medicine, apporte une réponse inattendue à cette question, avec un médicament des plus banals : l’aspirine.

Ce travail mené par le Pr Anna Martling, du Karolinska Institutet de Stockholm, part d’une piste ancienne. Plusieurs études observationnelles suggéraient depuis des années un effet protecteur de l’aspirine sur le cancer colorectal, sans preuve définitive. D’autres données indiquaient que ce bénéfice pouvait dépendre du profil génétique de la tumeur, en particulier d’une voie de signalisation cellulaire appelée PI3K.

L’essai a screené plus de 3 500 patients opérés dans 33 hôpitaux de Suède, de Norvège, du Danemark et de Finlande. Environ un tiers présentaient une altération de la voie PI3K dans leur tumeur. Pour ces patients, 626 ont été tirés au sort : la moitié a pris 160 mg d’aspirine chaque jour pendant trois ans, l’autre moitié un placebo, sans le savoir.

Le résultat est net. Le risque de récidive a été réduit d’environ 50 % chez les patients sous aspirine. Dans le groupe porteur des mutations principales de PIK3CA, le taux de récidive à trois ans atteignait 7,7 % sous aspirine, contre 14,1 % sous placebo. Le bénéfice s’est également confirmé chez les porteurs d’autres altérations de la voie PI3K, ce qui élargit la population concernée.

Des effets indésirables existent : les événements graves, surtout liés aux saignements, ont été plus fréquents sous aspirine (16,8 % contre 11,6 % sous placebo). Ce risque est connu et surveillé.

Plusieurs limites encadrent ces résultats. L’essai porte uniquement sur les tumeurs à profil PI3K altéré, pas sur l’ensemble des cancers colorectaux. Les données proviennent d’un seul essai, même si sa qualité méthodologique, randomisée et en double aveugle, fait référence. Et l’aspirine reste un médicament, avec ses contre-indications.

Côté perspectives, le mouvement est déjà lancé : les recommandations américaines NCCN intègrent l’aspirine adjuvante pour les patients porteurs de mutations PIK3CA, et la Suède a commencé à tester systématiquement ces altérations. Aucune prise d’aspirine ne doit être initiée sans avis médical. L’analyse génétique de la tumeur devient la première étape, avant toute décision.

👉 Sources :

Retrouvez sur notre site les articles sur le sujet :

👉 https://fondsguerirducancer.fr/?s=aspirine

Sources :

[1] Passeport Santé :https://www.passeportsante.net/magazine/sante?doc=aspirine-cancer-colorectal-recidive

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