
Cancer de la prostate métastatique : une combinaison de deux médicaments réduit de moitié le risque d'aggravation.
Environ un patient sur quatre atteint d'un cancer de la prostate métastatique porte des anomalies dans des gènes chargés de réparer l'ADN, comme BRCA1 ou BRCA2. Ces tumeurs évoluent souvent de façon plus agressive. L'essai TALAPRO-3, coordonné par le Pr Neeraj Agarwal du Huntsman Cancer Institute et publié dans le New England Journal of Medicine, a porté précisément sur ce profil de patients.
La question étudiée : dans un cancer de la prostate métastatique qui répond encore à l'hormonothérapie, appelé cancer sensible à la castration, l'ajout d'un deuxième médicament ciblé retarde-t-il l'évolution de la maladie ?
Pour y répondre, 599 hommes issus de 266 centres ont reçu soit l'enzalutamide seul, soit l'enzalutamide associé au talazoparib. L'enzalutamide bloque les récepteurs qui laissent les hormones masculines nourrir la tumeur. Le talazoparib appartient à une classe appelée inhibiteurs de PARP : il empêche les cellules cancéreuses de réparer les dommages de leur ADN, ce qui les conduit à disparaître. Deux mécanismes complémentaires, donc.
Les résultats, présentés à l'ASCO 2026 : le risque de progression de la maladie ou de décès a été réduit de 52 % dans le groupe recevant la combinaison. Après trois ans, 77 % des patients de ce groupe n'avaient aucune progression visible sur les imageries, contre 56 % avec l'enzalutamide seul. Le bénéfice était encore plus marqué chez les porteurs d'une mutation BRCA2, avec un risque réduit de 65 %.
Un point retient l'attention des médecins : les évaluations rapportées par les patients n'ont pas montré de dégradation notable de la qualité de vie avec la combinaison. Différer la progression sans alourdir le quotidien, c'est l'objectif poursuivi à ce stade de la maladie.
Des limites restent à garder en tête. Les données de survie globale sont préliminaires, avec un recul médian d'environ 40 mois et une réduction du risque de décès de 23 % encore à confirmer. Et cette association n'est pas encore autorisée à ce stade : le duo talazoparib plus enzalutamide est approuvé aux États-Unis dans une forme plus avancée de la maladie, résistante à l'hormonothérapie, grâce à l'essai précédent TALAPRO-2.
La suite : d'éventuelles demandes d'autorisation pour cette nouvelle indication, et surtout un message déjà acté pour la pratique : le dépistage des anomalies des gènes de réparation de l'ADN prend une place croissante dans le parcours de soins du cancer de la prostate.
Sources :
New England Journal of Medicine :
👉 PARP and Androgen-Signaling Inhibition plus ADT in Metastatic Prostate Cancer
