Le Saviez-vous ?
radiothérapie et cancer du sein :

15 séances peuvent suffire là où on en prescrivait 25
C'est une étude française qui change les pratiques dans le monde entier. Publiée le 7 mars 2026 dans la revue The Lancet, l'étude HypoG-01 apporte la preuve scientifique que le standard de radiothérapie après cancer du sein peut être allégé, sans perte d'efficacité ni de sécurité pour les patientes.
Ce qu'on faisait jusqu'à présent
Environ un tiers des cancers du sein diagnostiqués chaque année en France nécessitent une irradiation non seulement du sein ou de la paroi thoracique, mais aussi des ganglions lymphatiques régionaux [1]. Ce type de cancer locorégional requiert un traitement plus complet, qui incluait jusqu’ici un parcours standard de 25 séances de radiothérapie étalées sur cinq semaines.
Ce protocole est efficace. Mais il est contraignant. Cinq semaines d’allers-retours quotidiens à l’hôpital, cinq semaines de fatigue cumulée, cinq semaines de mise en parenthèse de la vie professionnelle et familiale.
Ce que l'étude HypoG-01 démontre
L’étude a suivi 1 265 patientes dans 29 hôpitaux français pendant cinq ans. Un groupe recevait le protocole standard (25 séances, cinq semaines). L’autre recevait un protocole dit “hypofractionné” : 15 séances réparties sur trois semaines [1].
Les résultats sont clairs. Les deux protocoles sont équivalents :
- en termes de contrôle de la maladie
- en termes d’effets secondaires (pas de surrisque de lymphoedème ni de radiodermite)
- y compris pour les zones anatomiques les plus complexes, comme les ganglions de la chaîne mammaire interne, plus profonds dans le thorax [1]
La coordinatrice de l’étude, la Dr Sofia Rivera, onco-radiothérapeute à Gustave Roussy, souligne que cette publication “apporte enfin la preuve scientifique de haut niveau qui nous manquait à l’échelle internationale pour généraliser le traitement court aux formes de cancers du sein nécessitant une irradiation ganglionnaire” [2].
Ce que cela signifie concrètement
Pour les patientes concernées, passer de 25 à 15 séances représente un gain de deux semaines. Moins de déplacements, moins de fatigue accumulée, et un retour plus rapide à une vie normale. La qualité de vie pendant la phase de traitement peut s’en trouver améliorée.
Pour les équipes soignantes, ce protocole plus court libère des créneaux dans des services de radiothérapie souvent surchargés, ce qui peut améliorer l’accès aux soins.
L’étude HypoG-01, menée sous l’égide d’Unicancer, est désormais citée comme le nouveau standard thérapeutique mondial pour ce type de cancer du sein [1].
Ce qu'il faut garder en tête
Ce protocole ne concerne pas toutes les patientes traitées pour un cancer du sein. Il s’applique aux cas avec atteinte ganglionnaire régionale nécessitant une irradiation étendue. Chaque situation est différente. Parlez à votre onco-radiothérapeute pour savoir si ce protocole vous correspond.
