Le saviez-vous ?

Les cellules cancéreuses peuvent rester "dormantes" pendant des années.

Certaines cellules cancéreuses peuvent entrer en "dormance" et rester inactives pendant des années, voire des décennies, avant de se réactiver et provoquer une récidive.
Ce phénomène explique pourquoi certains cancers récidivent très longtemps après le traitement initial [1].

Aujourd’hui, après un cancer du sein traité, le suivi repose en grande partie sur l’attente. Examens réguliers, imageries, surveillance des signes. La médecine guette la rechute sans pouvoir l’anticiper. Or près de 30 % des patientes connaîtront une récidive, selon le point fait par Slate le 11 septembre 2025. Parfois quelques années après le diagnostic, parfois plusieurs décennies plus tard. Et une fois la maladie revenue, les traitements visent surtout à la contenir.

Une équipe du centre de cancérologie Abramson et de la Perelman School of Medicine, à l’université de Pennsylvanie, a choisi d’agir en amont. Son essai de phase 2, publié dans Nature Medicine, s’attaque à la cause silencieuse de ces rechutes : les cellules tumorales dormantes, aussi appelées maladie résiduelle minimale.

Des cellules qui échappent aux examens
Ces cellules se logent notamment dans la moelle osseuse. Elles ne se comportent pas comme des cellules cancéreuses actives, donc les examens d’imagerie ne les détectent pas. Elles peuvent pourtant se réactiver des années plus tard et être à l’origine de métastases. Jusqu’ici, aucun outil ne permettait d’identifier en temps réel les patientes qui en portent.

L’essai qui teste l’intervention précoce
L’essai a inclus 51 femmes dont le traitement du cancer du sein était terminé et dont la moelle osseuse contenait encore des cellules tumorales. Trois groupes ont été formés : l’un recevait un médicament seul, le second l’autre médicament, le troisième les deux combinés. Ces molécules, déjà approuvées par la FDA américaine pour d’autres maladies, ciblent deux mécanismes qui permettent aux cellules de rester en dormance, l’autophagie et la signalisation mTOR. Détail relevé par l’équipe de Lewis Chodosh : elles se montrent inefficaces face aux cancers actifs, mais agissent sur les cellules dormantes. Leur biologie diffère.

Des résultats à confirmer
Après six à douze mois de traitement, les cellules dormantes avaient disparu chez la plupart des participantes, avec une élimination constatée dans 80 % des cas. Au suivi médian de 42 mois, seules deux rechutes avaient été observées. La survie sans récidive à trois ans dépassait 90 % avec un médicament seul et atteignait 100 % avec la combinaison.

L’équipe se garde de conclusions définitives. L’essai reste limité en taille et doit être confirmé à plus grande échelle. Deux nouveaux essais de phase 2, nommés Abby et Palavy, sont déjà en cours dans plusieurs centres américains. L’enjeu dépasse le résultat médical : déplacer le suivi du cancer du sein vers une prise en charge anticipée, fondée sur la recherche systématique des cellules dormantes. L’impact psychologique compte aussi. L’angoisse de la rechute persiste longtemps après les traitements. Pouvoir identifier et réduire ce risque changerait la manière de vivre l’après-cancer. Sources : Slate, Nature Medicine, Futura Sciences.

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