immunothérapie : l'intelligence artificielle apprend à lire le microenvironnement des tumeurs rares.

Les cancers rares posent un problème particulier. Chacun touche peu de patients, ce qui complique les études et limite les traitements validés. Beaucoup ne présentent pas non plus les marqueurs biologiques habituels qui orientent vers l'immunothérapie.

Des médecins du MD Anderson Cancer Center, à Houston, ont exploré une piste pour mieux anticiper la réponse à ce type de traitement. Leur travail, publié dans le Journal for ImmunoTherapy of Cancer, porte sur des patients atteints de tumeurs rares et traités par pembrolizumab, une immunothérapie déjà utilisée dans plusieurs cancers.

La méthode repose sur l'intelligence artificielle. L'outil analyse des lames de biopsie, celles déjà collectées en routine à l'hôpital. Il y compte automatiquement les cellules immunitaires et les cellules cancéreuses, puis compare les résultats sur plusieurs prélèvements réalisés chez le même patient pendant le traitement. À la main, ce comptage demanderait un travail considérable, lame par lame. L'IA le réalise rapidement et à grande échelle.

Deux signaux prédisent la réponse au traitement. Le premier : le nombre de cellules immunitaires présentes dans la tumeur avant le traitement. Le second : l'évolution de cette infiltration pendant le traitement, associée à une baisse de la part tumorale. Chaque signal pris seul apporte une information. Leur combinaison la renforce nettement.

Les chiffres parlent. Les patients chez qui l'IA observait ces deux signaux favorables avaient un risque de progression de la maladie réduit de 64 % par rapport aux autres. La survie médiane, critère précis qui désigne le temps au bout duquel la moitié des patients est encore en vie, atteignait 42 mois dans ce groupe, contre 10 mois chez les autres.

Pour les personnes concernées, l'enjeu est concret : savoir plus tôt si l'immunothérapie agit, pour adapter la stratégie sans perdre de temps. Cette approche fonctionnait même chez les patients sans marqueurs connus de réponse, un point notable pour les maladies rares.

Des limites subsistent. Cette étude devra être validée sur des groupes plus larges avant tout usage en consultation. Le nombre de patients analysés reste limité, une contrainte fréquente dans les cancers rares. Le choix du traitement ne repose pas aujourd'hui sur cet outil.

Un dernier point mérite d'être souligné : l'exploitation de prélèvements déjà disponibles, sans examen supplémentaire pour le patient. Dans les maladies rares, où chaque échantillon compte, c'est une donnée utile pour les recherches à venir.

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