
Cancer du poumon : deux essais de phase III suggèrent des alternatives à la chimiothérapie en première ligne.
Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) avancé se traite souvent en première ligne par une chimiothérapie à base de platine, parfois associée à une immunothérapie. Deux essais de phase III présentés au congrès de l'ASCO 2026 viennent interroger cette référence, chacun dans une population distincte.
Premier essai : WU-KONG28. Il porte sur une anomalie rare, l'insertion dans l'exon 20 du gène EGFR. Les patients ont reçu soit le sunvozertinib, un traitement ciblé pris par voie orale, soit la chimiothérapie de référence à base de platine. Les résultats, publiés dans le New England Journal of Medicine, montrent 10,3 mois de survie sans progression contre 7,5 mois. La survie sans progression désigne le temps pendant lequel la maladie ne s'aggrave pas. Les tumeurs ont régressé chez 58,9 % des patients sous sunvozertinib, contre 31,1 % avec la chimiothérapie.
Deuxième essai : OptiTROP-Lung05, publié dans The Lancet. Il a inclus 413 patients dont les tumeurs expriment la protéine PD-L1, sans mutation ciblable. Le sacituzumab tirumotecan, un anticorps conjugué dirigé contre la protéine TROP2, a été ajouté au pembrolizumab, une immunothérapie. Le risque de progression de la maladie a été réduit de 65 % par rapport au pembrolizumab seul. La médiane de survie sans progression n'était même pas atteinte dans le groupe recevant l'association, contre 5,7 mois dans le groupe témoin.
Pris ensemble, ces deux essais dessinent une tendance : dans certains CPNPC avancés, des stratégies sans platine obtiennent des résultats au moins équivalents, voire supérieurs, aux protocoles actuels. Le premier s'adresse à une anomalie génétique précise, le second à des tumeurs PD-L1 positives sans cible identifiée.
Des réserves s'imposent. Aucune de ces options n'est disponible aujourd'hui en première ligne en France. Le sunvozertinib bénéficie d'une autorisation accélérée aux États-Unis, mais uniquement après un traitement antérieur. Les données de survie globale de WU-KONG28 restent immatures. OptiTROP-Lung05 a été mené en Chine et repose sur une analyse intermédiaire. Des résultats sur des populations plus larges et diversifiées seront nécessaires avant tout changement de pratique.
Les prochaines étapes sont connues : demandes d'autorisation, avis des agences européennes du médicament, intégration éventuelle dans les référentiels de soins. En attendant, chaque situation reste unique. Seul le corps médical peut adapter un traitement au profil d'un patient.
Sources :
The Lancet :
The New England Journal of Medicine :
👉 Amivantamab plus Chemotherapy in NSCLC with EGFR Exon 20 Insertions
US FDA :
InCa – Institut National du Cancer :
👉 First-Line Sunvozertinib in NSCLC with EGFR Exon 20 Insertion Mutations
