Le saviez-vous ?

Cancer du pancréas : deux protéines identifiées comme nouvelles cibles thérapeutiques.

Le cancer du pancréas est l'un des plus meurtriers. Il résiste à presque tous les traitements : chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie.

Son secret ? Une armure moléculaire redoutablement sophistiquée qui, jusqu'à présent, semblait imperméable. En savoir plus [1].

Des chercheurs de l'Université de l'Indiana aux États-Unis annoncent avoir découvert une faille inattendue : un duo de protéines – Ref-1 et PRDX1 – qui travaillent main dans la main pour maintenir la tumeur en vie et la rendre insensible aux traitements [2].

Comment ces protéines protègent la tumeur ?

  • Ref-1 agit comme un opérateur des gènes cancéreux, activant les programmes qui permettent à la tumeur de proliférer
  • PRDX1 assure une protection biochimique contre le stress cellulaire, empêchant les traitements de détruire les cellules cancéreuses.

La découverte : cibler les deux simultanément

En s’attaquant à ce tandem grâce à l’outil de ciseau moléculaire Crispr et à des petits ARN interférents (siRNA), les chercheurs ont réussi à “éteindre” l’expression de PRDX1 dans les cellules de cancer du pancréas. Ces cellules ont ensuite été traitées avec un médicament expérimental, l’APX2014.

 

Les résultats chez les souris

Les animaux traités présentaient des tumeurs significativement plus petites et leur espérance de vie s’est allongée de manière notable [2]. Plus encore, cette approche ne cible pas uniquement la tumeur elle-même, mais aussi son microenvironnement – notamment les fibroblastes associés aux cancers qui constituent la barrière protectrice rendant la tumeur indétectable et indestructible.

Au-delà du pancréas

Ces deux protéines seraient aussi impliquées dans la résistance d’autres tumeurs agressives (poumon, ovaire, sein triple négatif). Le pari des scientifiques ? Développer des inhibiteurs combinés de Ref-1 et PRDX1 pour créer des stratégies thérapeutiques efficaces là où les protocoles actuels échouent.

L'espoir pour les patients

Un médicament proche, l’APX3330, est déjà testé en essai clinique chez l’humain. Si les résultats se confirment, cette approche pourrait transformer la prise en charge de l’un des cancers les plus redoutés.

Les obstacles restent nombreux : il faut réussir le passage de la souris à l’humain, affiner le transport du médicament dans l’organisme, et adapter le traitement aux variations du microenvironnement tumoral selon les patients. Mais la logique est prometteuse : s’attaquer au cancer sur deux fronts simultanément pourrait révolutionner l’approche des cancers les plus coriaces.

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