Cancer de la bouche : un test par simple brossage pourrait donner un résultat en moins d'une heure.

Détecter un cancer de la bouche sans bistouri, en moins d'une heure et avec une simple brosse. Une étude publiée dans la revue Biomarker Research, menée par une équipe internationale dirigée par la Queen Mary University of London, valide un test non invasif capable d'identifier rapidement un cancer buccal, tout en évitant la grande majorité des biopsies inutiles.

Un parcours actuel contraignant
Le cancer de la bouche touche environ 650 000 personnes chaque année dans le monde. D'après les données du Global Burden of Disease, il figure parmi les cancers dont la mortalité augmente le plus rapidement. Aujourd'hui, toute lésion suspecte conduit souvent à une biopsie au scalpel. Le geste est parfois très douloureux, notamment sur la langue, et peut entraîner des infections ou des complications, en particulier au niveau des gencives. Le paradoxe : la majorité de ces prélèvements ne révèlent finalement aucun cancer.

Le test qMIDS-V3
Pour améliorer ce parcours, les chercheurs ont évalué le test qMIDS-V3 sur plus de 1 000 échantillons provenant de 545 patients. Le prélèvement se fait à l'aide d'une simple brosse, en surface, sans retirer le moindre fragment de tissu. L'analyse porte sur quatre gènes. Résultat obtenu en moins d'une heure.

Les conclusions de l'étude : ce prélèvement par brossage pourrait éviter plus de 90 % des biopsies invasives chez les patients présentant un faible risque de cancer, tout en permettant une surveillance régulière des lésions précancéreuses. Le Pr Muy-Teck Teh, spécialiste en oncologie buccale moléculaire à la Queen Mary University of London, souligne que le pronostic du cancer de la bouche dépend directement de la précocité du diagnostic, et que ce test offre aux cliniciens une méthode rapide, précise, non invasive et répétable.

Une performance inattendue
Le test repose sur une version précédente qui nécessitait une micro-biopsie. Les chercheurs reconnaissent leur surprise : les performances du simple brossage se sont montrées comparables à celles de la micro-biopsie. Un point décisif, car il supprime la partie invasive de la procédure.

Ce qu'il faut garder en tête
Ce test n'est pas encore disponible en consultation. Des étapes de validation restent à franchir avant une utilisation de routine. Les principaux facteurs de risque du cancer de la bouche restent le tabac, l'alcool, le papillomavirus et l'exposition excessive au soleil pour les lèvres. En présence d'une lésion qui persiste, la consultation chez un dentiste ou un médecin reste la première démarche.

Si ce test atteint la pratique courante, il allégerait le parcours des patients et améliorerait la détection précoce d'un cancer encore diagnostiqué trop tard.

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