
Mammographie : l'IA Mirai repère les patientes à risque pour accélérer leur prise en charge.
Quand une mammographie de dépistage révèle une anomalie, l'attente commence. Bilans complémentaires, imagerie supplémentaire, parfois biopsie : plusieurs semaines peuvent s'écouler avant un verdict. Cette période génère une anxiété bien connue des patientes et de leurs proches.
Une étude publiée le 19 mai 2026 dans la revue npj Digital Medicine s'attaque à ce délai. Elle a été menée par le Dr Maggie Chung et Adam Yala, à l'hôpital Zuckerberg San Francisco General, avec les équipes de l'université de Californie à San Francisco et de Berkeley.
Leur outil s'appelle Mirai. C'est un modèle d'intelligence artificielle entraîné sur des centaines de milliers de mammographies, chacune reliée à l'évolution médicale de la patiente. À partir de ces exemples, il apprend à repérer des signes discrets sur les images et à estimer le risque individuel de cancer du sein.
Les chercheurs ont appliqué ce modèle à plus de 4 100 mammographies de dépistage. Mirai a identifié 525 femmes à risque élevé, soit environ 13 % des patientes. Ces femmes ont bénéficié d'un parcours accéléré : interprétation de leurs images juste après l'examen, imagerie complémentaire le jour même en cas de zone suspecte, et biopsie le jour même pour certaines d'entre elles.
Les chiffres donnent la mesure du changement. Le délai d'une évaluation diagnostique est passé de plusieurs semaines à environ une heure pour les patientes concernées. Pour les femmes chez qui un cancer a finalement été diagnostiqué, l'attente moyenne avant la biopsie est passée de plus de deux mois à moins de 10 jours.
Un point essentiel : Mirai ne remplace personne. L'outil ne pose aucun diagnostic et ne décide de rien. Il agit comme un système de tri, qui signale aux médecins les patientes susceptibles de bénéficier d'une prise en charge immédiate. Le radiologue garde la responsabilité de l'interprétation et de la décision.
Des limites subsistent. L'étude a été menée dans un seul hôpital américain, avec une organisation dédiée. Ce parcours n'est pas disponible en France aujourd'hui, et la détection de cancers supplémentaires reste à démontrer sur le long terme. Les prochaines étapes consistent à évaluer le dispositif dans des conditions plus larges et plus diverses, et à vérifier son effet sur le dépistage, le suivi et les résultats pour les patientes. Un autre essai explore déjà son utilisation pour proposer une IRM complémentaire aux femmes repérées à risque.
